
La remontée des taux d’intérêt a permis aux banques européennes de retrouver des niveaux de rentabilité plus confortables après une décennie marquée par des marges sous pression. Pourtant, cette amélioration conjoncturelle ne doit pas masquer une réalité plus profonde : le secteur bancaire entre dans une nouvelle phase de transformation où la compétitivité se jouera moins sur le bilan que sur la technologie, la productivité et la capacité d’investissement. Les travaux récents de Bain & Company, McKinsey, de la Banque centrale européenne et de plusieurs analyses publiées dans la Revue Banque convergent vers un même constat : les banques européennes demeurent confrontées à un écart structurel de performance avec leurs concurrentes américaines. Dans ce contexte, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE doivent relever simultanément trois défis majeurs : accroître leur productivité, industrialiser l’intelligence artificielle et atteindre une taille critique suffisante pour financer leur transformation.
